De l'Altérité dans la littérature coloniale

A tout moment, à tous les niveaux, dans tous les domaines - arts compris, les problèmes d'altérité se sont posés en Indochine. Plus modestement du temps de Faidherbe, de Brazza ou de Pavie, on préférait parler de " contacts humains ". Peu importe leur qualificatif, une certaine littérature coloniale plus qu’exotique leur doit, aux yeux de «la » scientifique d’exister parce qu’elle remplit, partiellement ou à sa manière, cet office: rendre compte précisément de cette altérité. La vraie originalité, à nos yeux, d’une Anthologie comme celle de R.Barquissau (vide supra) est de les avoir rassemblées, toutes trois, en un subtil mélange littéraire ainsi que l'atteste l'imposante « Bibliographie indochinoise » placée à la fin de son ouvrage : chaque thématique étant couverte par les genres d’écrits que nous avons distingués. (Ho Chi Minh a Phnom Penh)
 
Est-ce la même raison qui explique l’intérêt constant, et à chaque période renouvelée, dont cette littérature « exotico-coloniale » fait l’objet ? Et depuis 1907, date à laquelle apparaît sa première recension : Essai sur la littérature coloniale; de 1925, la seconde de Purjaniscle : Les thèmes de la littérature coloniale d'Indochine;de 1931, la troisième par Lebel : Histoire de la littérature coloniale en France; de 1934, sa première et brillante étude scientifique par Malleret - futur directeur de l’E.F.E.O. : L'Exotisme Indochinois dans la littérature française depuis 1860,etc. Cela n'arrête pas entre 1940 et 1945, période au cours de laquelle la Revue Indochine inonde ses lecteurs sous un fleuve d'articles en francais, émanant, entre autres, d'écrivains viêtnamiens, du genre " Collaboration Franco-Annamite. " Ca reprend et ca continue avec Barquissau, même si, la guerre aidant, une longue pause s'instaure entre 1960 et 1980, l'attention se portant alors vers d'autres préoccupations et surtout pare que les balles d'une guerre, préludant à une autre, sifflent la fin de la partie coloniale francaise. Une autre littérature se met alors en mouvement, francophone et anglophone, mais c'est toujours d'Indochine dont il est question. A partir de 1990, la page coloniale, de nouveau, se rouvre. Et c'est ce qui étonne, stupéfie: on revient à l'Indochine des Francais.

14/06/2017

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