Art de Đại-La

Les historiens ont parlé de « l’art de Đại-La », avec sans doute un peu d’exagération, même si cette époque, qui précède et suit la fondation officielle de la ville en 1010, semble avoir été assez riche sur le plan des arts décoratifs.

Les quelques fragments de terre cuite décorée, parfois vernissée, qui ont été retrouvés à Hanoï sont d’un style homogène et finement exécuté. Ils présentent d’évidentes analogies avec les vestiges retrouvés au pied du stûpa de Phật-Tích, dont la première construction est attribuée à Gao Pian après sa victoire sur le Nanzhao. C’est la découverte du stûpa de Bình-Sơn, en 1933, qui a permis de mieux connaître cet art. Situé au pied du mont Tản-Viên, il comportait à l’origine onze étages s’élevant sur quinze mètres de haut et se rétrécissant vers le sommet. Ses briques étaient ornées de fleurs de lotus, de cabochons en ellipse cernés de feuilles en virgule, de petits dragons vermiculaires sertis dans un encadrement, de cœur renversé ou encore de carreaux ornés de petits stûpas habilement dessinés. Ces ornements correspondent aux canons artistiques chinois des IXe et Xe siècles, connus grâce aux Normes architecturales (yingzao fashi) de Li Mingzhong.

L’art de Đại-La rappelle celui élaboré à la même époque en Chine, mais le déhanchement de certaines statues évoque aussi les apsaras indiennes et de nettes influences du Sud. Il est en fait à la croisée de deux grands foyers de culture, celui de la Chine et celui de l’Inde, qui était davantage tourné vers le bouddhisme.

17/02/2017

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